Le pastoralisme au service de l’environnement : rencontre avec un éleveur à Fraïsse sur Agout
Convivium Terrasses du Haut Languedoc - 15-03-2006Le pastoralisme au service de l’environnement : rencontre avec un éleveur à Fraïsse sur Agout
Le temps n’était pas très clément ce samedi 21 janvier 2006 mais nous étions tout de même une petite dizaine à nous retrouver chez Jean-Marie Welch, éleveur à Fraïsse sur Agout. A la sortie du village en direction de la Salvetat, on monte un petit raidillon bordé par deux ruisselets avant d’arriver devant une ferme entourée de prés où paissent quelques vaches. Un peu plus loin, se trouve un troupeau de porcs gascons. J-M Welch qui a étudié à Paris et a suivi la formation de l’Ecole des bergers de Rambouillet est installé ici depuis 1978. Son idée a été d’introduire dans cette région des vaches de race Galloway, originaires d’Ecosse, qui ont pour particularité de pouvoir vivre en plein air tout au long de l’année, quelles que soient les conditions climatiques, grâce aux épais poils longs qui les protégent. Cette race rustique n’a pas besoin de beaucoup d’aliments, en été la végétation qu’elle broute et en hiver, celle-ci est complétée avec de la luzerne et du tourteau de colza. En hiver, le troupeau composé de 98 bêtes de pure race Galloway ou croisées à des Aberdeen, des Highland ou des Aubrac, est installé sur les tourbières puis en été sur les landes à callune (bruyère), l’ensemble de leur territoire représentant à peu près 300 hectares.
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La présence des troupeaux sur les tourbières joue un rôle important dans la conservation de ces espaces naturels. La tourbière est un écosystème créé sur plusieurs siècles par accumulation progressive de débris végétaux en milieu gorgé d'eau. Pendant la saison humide, les tourbières absorbent l'eau et la restituent en été par leurs déversoirs (ruisseaux): elles fonctionnent comme de véritables éponges, leur rôle étant essentiel dans la régulation du débit des sources et des cours d'eau. Malheureusement, suite à des campagnes de drainage et de plantations intensives, il y a risque d’assèchement et cet équilibre fragile peut être rompu. C’est là que les vaches de J-M Welch interviennent : par leur piétinement répété et en profondeur, elles permettent aux graines de végétaux (en particulier les sphaignes) qui sont à l’origine des tourbières de refaire surface et de se développer, ce qui assure la réactivation de ce milieu.
Une fois que les vaches ont atteint leur poids maximum, elles sont abattues (environ 18 par an) à Camarès puis leur viande est conditionnée sous vide et empaquetée en colis de 10 kg. Il est possible de la commander directement à J-M Welch ou de passer par des intermédiaires comme les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP). Après notre visite, JM Welch nous a fait déguster cette viande sous deux formes : des morceaux de sous-noix crus en carpaccio et ensuite une daube composée de collier et de joues de bœuf qui avait mijoté longuement au four dans de la bière. Cette viande a la particularité d’être très maigre du fait que les vaches, protégées naturellement grâce à leurs poils, ne font pas de gras de couverture et en même temps elle est très tendre.
Depuis environ sept ans, J-M Welch est suivi dans son projet par l’INRA et il a fait des émules puisqu’il y a maintenant 6 éleveurs de Galloway dans cette région. Son idée est d’étendre cet élevage à d’autres types de végétation comme c’est le cas actuellement à Pardailhan où prédomine le chêne vert. Pour cela, il s’agit de convaincre les propriétaires de terrains de louer leurs terres (plutôt que de les vendre à des lotisseurs !) et d’aider des jeunes motivés à s’installer, en diminuant leurs frais. Espérons qu’il sera suivi dans cette initiative car elle présente deux atouts majeurs : diversifier l’activité agricole de notre région et préserver son paysage.
Jean Marie Welch
Les Sagnes
Fraïsse sur Agout
Téléphone : 04 67 97 65 15 et 06 86 74 10 65
Adresse électronique :
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