Une vision Slow de l’Europe
La protection des producteurs a toujours été une priorité pour Slow Food. Soucieuse de voir apparaitre une prise de conscience locale chez les consommateurs, l’association cherche à intégrer un système alimentaire plus responsable au travers d’une approche holistique véhiculant les valeurs d’une alimentation bonne propre et juste.

23 ans après sa création, le mouvement tente de dialoguer avec les différentes institutions européennes dans l’espoir de trouver des solutions collectives permettant d’aborder d’une manière plus durable la production alimentaire. Sans compter que de cette volonté découle des problématiques d’actualité telles que le changement climatique, la perte de biodiversité ou encore les effets néfastes de ce mode de vie sur les pays en développement.
Intégrer les valeurs de biodiversité, de durabilité, de conservation des ressources naturelles et de développement inclusif dans les nouvelles politiques européennes est donc un challenge de taille que Slow Food veut relever.
Intégrer un système agro-alimentaire plus consciencieux quant aux produits locaux, aux cultures des territoires européens et aux besoins des communautés passe par plusieurs objectifs :
- « une meilleure compréhension des écosystèmes et une gestion attentive des ressources naturelles telles que l’air, la terre, l’eau et la biodiversité …
- la reconnaissance du fait que les environnements ruraux et les environnements urbains ne peuvent se développer de manière harmonieuse l’un sans l’autre.
- la création de réseaux de communautés rurales, tournées non seulement vers leur environnement et leur culture mais aussi en direction des populations urbaines et des institutions universitaires ou scientifiques ;
- des communautés urbaines responsables, capables de s’organiser elles-mêmes et d’aller à la rencontre des communautés rurales environnantes mais aussi de cultiver et de produire une partie de leur propre nourriture ;
- le soutien des jeunes générations, afin de les encourager à jouer un rôle central dans le domaine de l’agriculture et de la production alimentaire ;
- de nouvelles formules pour la transmission des savoirs traditionnels et des formes – d’expression artistiques et linguistiques ;
- des universités et des institutions scientifiques capables de soutenir les écosystèmes locaux en adjoignant des techniques novatrices aux savoirs traditionnels ;
- la reconnaissance de l’importance et de la dignité des agriculteurs et des pêcheurs à petite échelle ;
- des identités et des cultures locales fortes, indispensables à la formation d’une identité et d’une culture européennes. »
Mais protéger la profession d’agriculteur est le point clé de cet enjeu Européen. En effet, on assiste aujourd’hui à une marginalisation du rôle du travail agricole aggravé d’un exode rural en augmentation et d’un vieillissement du monde rural (seuls 7% des agriculteurs ont moins de 35 ans alors qu’un tiers à plus de 65 ans).
Slow Food souhaite donc encourager la nouvelles PAC a être vecteur de rajeunissement du monde rural en rendant sa dignité au travail agricole, ceci passant par des revenus décents, la création de réseaux au travers du monde agro-alimentaire, un soutien de la formation et des connaissances intergénérationnelles des jeunes agriculteur, une simplification des procédures administratives et la création de subventions pour la création de nouveau projets…
La PAC doit également articuler la nouvelle structure du système agro-alimentaire autour des productions durables à petite et moyenne échelle en révisant les appellations d’origine, en simplifiant les procédures administratives de création d’exploitation, en délivrant une gratification aux producteurs qui défendent la biodiversité traditionnelle et locale, en introduisant une éducation environnementale dans les écoles et des campagnes de sensibilisation, en créant des débouchés pour ces producteurs à petite et moyenne échelle…
POUR EN SAVOIR PLUS CONSULTER :
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