La négociation sur la protection de la biodiversité mondiale court-elle vers le même risque d’échec que celle sur le climat ?
Le 2010 a été désignée par les Nations Unies comme l’année internationale de la biodiversité.
Du 18 au 29 octobre, à Nagoya (Japon), se tient le sommet international bisannuel de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) :
. les négociations doivent tout d’abord mener à la définition d’une stratégie internationale pour la biodiversité pour la décennie à venir;
. à Nagoya, un accord doit aussi être conclu autour du financement, en particulier pour les pays en voie de développement. Seul un tel accord permettra de dégager des moyens suffisants pour réaliser les objectifs qui seront convenus ;
. les négociateurs doivent parvenir à un accord obligatoire qui prévoit une répartition équitable des revenus générés par l’utilisation de la biodiversité. Aujourd’hui, il arrive encore trop souvent que les communautés qui vivent dans une région riche en biodiversité, ne puissent pas profiter des bénéfices (par exemple les revenus des médicaments fabriqués à partir des plantes locales).
« Ces trois sujets sont indissociables », dit M. Al-Arhabi, vice-premier ministre du Yemen. La ministre brésilienne de l’environnement, Izabella Teixeira a tenu le même discours.
Cette négociation sur l’avenir de la biodiversité se déroule à l’écart des projecteurs. Les scientifiques ont beau alerter sur la crise qui menace les écosystèmes, le sujet n’est pas remonté en haut de l’agenda politique des gouvernements, alors que 2010 est l’année de la biodiversité. La secrétaire d’Etat française à l’écologie, Chantal Jouanno, a une explication : « Nous proclamons l’urgence mais la réalité, c’est que personne n’y croit. »
En tout cas, aujourd’hui les experts n’hésitent pas à faire référence à une nouvelle ère dite «anthropocène», pour désigner une nouvelle époque géologique, celle où l’action de l’espèce humaine est devenue une force géophysique capable de modifier, ou même de détruire sa planète par son influence sur l’équilibre de la biosphère. Une ère géologique nouvelle qui se déroule sous nos yeux où une espèce, l’être humain, a la capacité de, non seulement détruire les millions d’autres espèces, mais aussi de se détruire lui-même.
Le rythme d’extinction des espèces serait aujourd’hui 1000 fois supérieur au rythme naturel d’extinction.
Aucun pays ni aucun écosystème, n’est épargné.













