Street Food

19/09/2012

Depuis l’antiquité les hommes, en particulier les moins aisés, passent une grande partie de leur journée dans la rue, consommant des plats tout prêts achetés dans des snacks ou auprès de marchands ambulants. Aujourd’hui, la « street food » nourrit quotidiennement 2,5 milliards de personnes, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture.

Il s’agit de plats pratiques et économiques qui,  à l’époque, étaient extrêmement liés aux traditions alimentaires du pays où ils étaient consommés (il suffit de penser aux kebabs en Afrique du Nord pour s’en convaincre), alors qu’aujourd’hui, ils rappellent de plus en plus la culture du pays qui en est à l’origine.

Dans les pays en voie de développement, la diffusion de la street food s’accroit dans les mêmes proportions que le processus d’urbanisation et est désormais devenue une composante essentielle du système alimentaire. Cette offre contribue, en partie, à résoudre le problème de l’accès à la nourriture. De l’akoumé togolais au pho vietnamien, la street food représente une source indiscutable de revenu pour des millions de petits producteurs et commerçants. Elle influe donc de façon significative sur le revenu des pays les plus pauvres, comme le montre une recherche menée par Ilaria Proietti de l’Université Catholique du Sacré-Cœur (Milan) pour le compte de l’association Noodles (www.noodlesonlus.org). En Zambie, par exemple, le marché de la street food  génère un chiffre d’affaire de 100 millions de dollars et donne du travail à 16 000 personnes environ (généralement des femmes ayant un très faible niveau d’instruction).  […]

Etant donné sa grande accessibilité, elle représente également un moyen économique et fonctionnel de satisfaire les exigences nutritionnelles de base des populations à faible revenu. En Afrique la street food permet à 80% de la population urbaine de se nourrir et représente environ 40% de la dépense alimentaire. Dans les pays occidentaux aussi, sa simplicité et le goût pour les saveurs exotiques rendent la street food de plus en plus populaire. Il faut dire qu’elle répond à plusieurs tendance en cours : la recherche de plats chauds rapides (sans s’assoir dans un restaurant) ; le besoin de nourriture contenant peu de glucides et riches en protéines;  et la curiosité pour les saveurs nouvelles et épicées.

Désormais, partout où il y a un marché, un centre commercial ou un lieu de rencontre dans la ville, il y a quelqu’un pour proposer un plat s’apparentant à la « street food ». Et pas seulement des hamburger, des hot dog ou des pizza : les villes modernes sont pleines de vendeurs de plats coréens, marocains, turcs ou mexicains, et de plus en plus souvent les gens achètent des sliders, des ribs, des crêpes, des pad thai, des spring rolls, de la paëlla et des pies.

Face à ce phénomène, en soi positif, deux menaces sont à prendre en compte. D’un côté la diffusion des fastfood et de la nourriture standardisée, qui  risque de faire perdre à la street food son sens premier, c’est à dire son lien avec les traditions d’un territoire et sa capacité à raconter la culture d’une communauté. Le message culturel que la street food véhicule est fragile et est menacé par la perte des traditions ancestrales, qui sont une ressource essentielle pour les communautés locales. Le risque lié à la globalisation est d’en perdre l’ingrédient principal qui est, comme le souligne Richard Johnson, auteur de Stree Food Revolution, son authenticité. La seconde menace concerne la santé. En termes de sécurité alimentaire  plusieurs domaines de la production et de la distribution sont préoccupants. Ils sont liés au processus productif, à l’hygiène du point de vente et à la qualité des matières premières qui favorisent souvent la contamination par des agents pathogènes organiques et non organiques. « Face à ce risque – suggère I.Proietti – il est indispensable de définir les bonnes pratiques de la street food, capables d’en mitiger les effets nuisibles sans éliminer les opportunités qu’elle crée en termes de sécurité alimentaire et de création de richesse pour les communautés ».

Source : Barilla Center for Food Nutrition https://www.barillacfn.com/news/street-food/